Même si les pouvoirs publics insistent régulièrement sur « l’importance du tissu associatif », chacun constate le désengagement de l’Etat et des Collectivités vis-à-vis des associations.
Un rapport du Conseil économique, social et environnemental met ainsi en évidence une chute des subventions publiques dans les ressources des associations entre 2005 et 2020, cette part passant globalement et en moyenne de 34% à 20%.
Cette réalité révèle essentiellement la diminution des subventions de fonctionnement au profit de financements fléchés temporaires et conditionnés, dans un contexte de forte concurrence entre associations. Cette évolution invite donc les associations à repenser leur stratégie de financement.
Les associations doivent repenser leur stratégie de financement
Les financements associatifs peuvent se répartir en 5 familles principales :
- Les financements publics ;
- Le mécénat des entreprises et fondations ;
- Le mécénat des particuliers ;
- Les ressources propres ;
- Les coopérations et partenariats.
A l’évidence, une règle de bonne gestion est de diversifier les sources de financement, afin non seulement d’éviter une dépendance vis-à-vis de financeurs, mais aussi et surtout afin de donner confiance aux financeurs qui refusent d’endosser la responsabilité de la viabilité d’une association.
Donner confiance aux financeurs
Avant de définir un plan d’actions pour démarcher des financeurs et collecter des fonds, il est ainsi essentiel de travailler sur la confiance.
Cette confiance repose d’une part sur une structuration et une organisation spécifique et d’autre part sur une politique de communication efficace.
Un levier stratégique mais une approche rigoureuse
Une analyse préalable est donc indispensable afin de :
- vérifier la compatibilité avec l’objet associatif,
- sécuriser le respect des critères de non-lucrativité,
- anticiper les conséquences fiscales,
- et, le cas échéant, structurer l’activité via une sectorisation ou une filialisation adaptée.
La confiance fondée sur l’organisation structurelle
La confiance ne se décrète pas, elle s’appuie sur 4 éléments fondamentaux et structurants :
- la raison d’être,
- la gouvernance,
- les process internes
- la transparence.
Le temps et les ressources consacrés préalablement à 4 éléments détermineront le succès des actions de démarchage et de collecte de fonds.
1. Travailler la raison d’être permet de démontrer et afficher l’impact de l’association, et en conséquence l’impact du soutien des financeurs, sur lequel ces derniers pourront communiquer. La raison d’être et l’impact sont issus du « projet associatif » qu’il convient donc de revisiter régulièrement, surtout dans le cadre d’une stratégie de levée de fonds. Il faudra également de communiquer sur ce projet associatif.
2. Une gouvernance précise qui distingue pouvoir de décision, pouvoir exécutif et de représentation et pouvoir de contrôle est primordiale pour confirmer une décision de financement d’une association. Cette gouvernance peut également être ouverte aux financeurs, dans un cadre consultatif ou de contrôle.
3. Les process internes permettent des indicateurs et tableaux de suivi réguliers (notamment suivi et utilisation des fonds collectés) et de cartographier et gérer les risques internes et externes, constituent un critère déterminant de sélection des associations finançables. Une communication efficace sur ces process est également indispensable.
4. Communiquer sur ses actions, ses résultats, sa stratégie, ses indicateurs financiers et sur ses risques favorise la relation de confiance, fondée sur la transparence et l’acceptation d’un pouvoir de suivi et de contrôle, notamment de la part des tiers financeurs.
Il existe par ailleurs des labels et certifications qui permettent d’attester qu’une association a mis en place une gouvernance et des process conformes à des référentiels en matière par exemple de transparence financière, de conformité juridique, fiscale et sociale, de lutte anticorruption ou de responsabilité sociétale.
La confiance fondée sur une communication efficace
La mise en place des 4 éléments fondamentaux et structurants indiqués ci-dessus doit être communiquée aux financeurs potentiels dans le cadre d’une politique de communication organisée et cadencée.
Il s’agit ainsi de « faire savoir » aux acteurs du marché que l’association peut être référencée en qualité de structure finançable.
Forme, contenu, type de média, calendrier, ciblages, etc. sont ainsi les éléments à travailler afin de permettre le lancement d’une politique de communication, préalable aux actions de démarchage et de collecte.
Les fondamentaux de la confiance étant instaurés, et la communication sur ces derniers étant réalisée, un plan d’actions de collecte peut alors être envisagé.
Le plan d’actions de collecte dans un environnement concurrentiel
La recherche de financements associatif est aujourd’hui une activité de pleine concurrence située sur le marché global du mécénat.
Chaque association est en concurrence avec d’autres, l’activité n’étant pas nécessairement un facteur de délimitation et de différenciation (une association médico-sociale peut être en concurrence avec une association de défense de l’environnement sur le marché du mécénat des particuliers).
Un plan d’actions de démarchage et de collecte doit en conséquence être construit sur la base d’une réflexion stratégique :
- Alimentée par les 4 éléments fondamentaux indiqués ci-dessus, préalablement communiqués au marché ;
- Permettant de déterminer d’une part des facteurs de différenciation et d’autre part des moyens de mettre en valeur les financeurs.
A l’image d’une entreprise commerciale qui doit innover pour se différencier et développer l’expérience client, l’association doit identifier dans son offre des facteurs de différenciation et d’innovation, et proposer une « expérience financeur » spécifique.
Ces éléments fondateurs du plan d’actions de démarchage et de collecte pourront résulter d’ateliers associant par exemple plusieurs parties prenantes et permettant de faire émerger des pistes d’innovation, de différenciation et/ou « d’expérience financeurs ».
Il est bien entendu nécessaire de tenir compte des grandes tendances et notamment la diminution des financements de fonctionnement au profit de financement fléchés ou par projet, les politiques locales, les marqueurs sociaux, ou l’influence des réseaux et des réseaux sociaux.
Les autres actualités
plus de publications sur le même thème
Financer les projets associatifs en 2026 : bonnes pratiques
5 points de vigilance lors du développement d’activités lucratives par les associations
Associations : renforcer ses règles d’adhésion pour prévenir les dérives internes