Des innovations de la tête aux pieds des cyclistes
Depuis quelques années, et notamment depuis l’arrivée de nombreux sponsors sur le circuit du cyclisme professionnel, les équipes des coureurs n’hésitent plus à investir dans la R&D. Les vélos sont de plus en plus performants, le matériel de plus en plus léger, et les cyclistes de plus en plus rapides. Ces gains de performances s’expliquent en grande partie par l’émergence constante de nouveautés techniques, allant de la chaîne du vélo au casque du coureur. D’ici quelques années devraient se répandre un modèle de transmission sans chaîne et sans dérailleur, permettant de retranscrire pas moins de 99% de la puissance générée par le coureur tout en réduisant de moitié les frottements générés par la rotation d’une chaîne classique.
Et les innovations techniques n’hésitent pas à s’ouvrir à des domaines dépassant celui de la mécanique, comme par exemple la recherche en neurosciences. En 2016 le coureur Andrew Talansky avait révélé s’entraîner à l’aide d’un casque muni d’électrodes envoyant des impulsions électriques de faible intensité au sein du cortex moteur du cerveau. Ces impulsions avaient pour objectif de stimuler certains neurones du cycliste afin d’envoyer des signaux amplifiés vers les muscles et d’en améliorer leur puissance. Qualifiée de « Brain Doping » par de nombreux spécialistes, cette innovation pose la question de l’adaptation du règlement aux techniques émergentes.
Le corps des athlètes sous contrôle
En dehors de l’amélioration de certains composants mécaniques du vélo, un travail important a été réalisé afin de mieux gérer l’état physique des coureurs au sein-même de la course. En effet, dans l’optique de connaître précisément la température centrale du corps des athlètes, les équipes suivent en temps réel cette évolution grâce à une gélule connectée, ingérée en amont de la course. Elle permet de mesurer rapidement les réactions des coureurs à la chaleur et à certains efforts intenses afin de lutter contre la surchauffe et la déshydratation.
Derrière des écrans de contrôle, les équipes Performance analysent les données recueillies par ces gélules, mais aussi par des capteurs cardiaques et de puissance que portent les coureurs. Grâce à un contrôle précis des données physionomiques de chaque athlète, les équipes déterminent l’évolution de la stratégie de course, se rapprochant de la gestion d’une course de Formule1.
De l’avantage technologique aux répercussions sportives
Certes, quelques innovations permettent aux coureurs d’améliorer leurs performances, mais ces améliorations engendrent-elles un avantage sportif considérable sur la concurrence ? De nombreux spécialistes s’accordent sur l’importance majeure des performances du vélo, c’est d’ailleurs pourquoi les règlements sont désormais plus stricts et garantissent une meilleure équité notamment en fixant une limite minimale pour le poids des vélos (6,8 kg). Cependant, l’influence de la technique sur les résultats sportifs s’est déjà révélée aux yeux du grand public à de multiples reprises. A titre d’exemple, en 1989, Greg Lemond remporta le Tour de France avec seulement 8 secondes d’avance sur son dauphin. Lors de l’ultime étape, il utilisa un guidon inédit dont le profil permit d’augmenter la pénétration dans l’air et de gagner, selon des experts dynamiciens, trois secondes par kilomètre comparativement à un guidon classique ! Ainsi, même si « on ne gagne pas le Tour uniquement grâce à son vélo », celui-ci peut jouer un rôle déterminant dans la composition du podium final !
Une autre révolution technologique va vous surprendre : les combinaisons intégrales, surnommées « skinsuits », permettent de gagner de précieuses secondes grâce à leur aérodynamisme optimisé et leur poids réduit par rapport aux traditionnels ensembles maillot-cuissard, révolutionnant discrètement les performances cyclistes. Contrairement aux idées reçues, ces combinaisons offrent un confort supérieur aux ensembles traditionnels grâce à des matériaux techniques stretch, respirants et ultralégers procurant une sensation de « seconde peau ». Cette évolution illustre comment le cyclisme professionnel pousse l’innovation vestimentaire à l’extrême, transformant chaque détail technique en avantage compétitif mesurable sur les routes de France.