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Parole d'expert
27 janvier 2026

L’entreprise face aux contrôles de la DGCCRF : comment anticiper l’imprévisible ?

Les contrôles menés par la DGCCRF sont une réalité à laquelle chaque entreprise doit être préparée. 

Dans un contexte réglementaire en évolution constante, la DGCCRF a ces dernières années intensifié ses contrôles afin de s’assurer du respect par les entreprises de la réglementation applicable entre professionnels et à l’égard des consommateurs. 

La Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a pour mission de préserver l’ordre public économique, en veillant au bon fonctionnement des marchés. Pour ce faire, la DGCCRF place les enquêtes et les contrôles au cœur de son action : en 2024, elle a ainsi procédé à 130 enquêtes nationales, contrôlé 64 919 établissements et sites internet et notifié 2 356 amendes aux entreprises contrôlées pour un montant total de 92,9 millions d’euros.

Un champ de contrôle très large

Les enquêtes et contrôles de la DGCCRF couvrent de nombreux domaines :

  • La chasse aux pratiques anticoncurrentielles, telles que les ententes illicites ou les abus de position dominante, qui ont pour objet ou pour effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché,
  • La lutte contre les pratiques restrictives de concurrence, qui portent atteinte à l’équilibre des relations commerciales,
  • La surveillance de la conformité, sécurité et qualité des produits et des services (contrôle de l’étiquetage, composition et dénomination, dangerosité, falsifications et tromperies…),
  • Et de manière générale le respect du droit de la consommation

Et depuis 2024, la DGCCRF s’est également vu confier deux nouvelles missions, en matière de contrôle des marketplaces et de surveillance du marché des cosmétiques et des produits de tatouage.

Focus sur le e-commerce et les délais de paiement

Le programme national d’enquêtes et de contrôles (PNE) pour 2026 prévoit d’axer plus particulièrement les contrôles sur le e-commerce, afin de s’adapter aux habitudes de consommation et aux besoins de protection du consommateur. 

En septembre 2025, la DGCCRF a réitéré son engagement de lutte contre les retards des paiements inter-entreprises : en effet, sur le 6 premiers mois de l’année, le contrôle de 409 entreprises a permis de constater un taux d’anomalie de 39,7 % des entreprises contrôlées.

Comment se déroulent les contrôles ?

Les contrôles de la DGCCRF prennent des formes variées : de la simple demande d’information écrite au contrôle d’un magasin par un « client mystère », jusqu’aux visites inopinées dans les locaux de l’entreprise, au cours desquelles les agents peuvent notamment procéder à des vérifications documentaires et des auditions, ou encore saisir des produits ou des supports numériques. 

Les inspections se déroulent aussi dans l’espace numérique : les sites internet, marketplaces et réseaux sociaux sont scrutés pour détecter les pratiques trompeuses ou les manquements aux obligations d’information.

Des contrôles aux conséquences pouvant être très lourdes pour les entreprises

Au terme de leurs contrôles, les agents de la DGCCRF ont une large palette de mesures à leur disposition. 

L’administration peut par exemple rester sur le terrain de la pédagogie et prononcer de simples avertissements, ou décider d’enjoindre à l’entreprise de se mettre en conformité avec la réglementation, au besoin sous astreinte, voire lui proposer une transaction

Il faut toujours garder à l’esprit que l’entreprise encourt potentiellement des sanctions administratives dont le montant peut varier de quelques milliers d’euros à plusieurs millions d’euros pour les infractions graves. 

Le dossier peut dans certains cas être transmis au Parquet, qui décidera s’il entend poursuivre les auteurs de l’infraction devant les juridictions pénales.

Anticiper les aspects opérationnels

Comment se préparer et se tenir prêt en cas de contrôle ? La réponse la plus évidente est tout d’abord de former les dirigeants et les équipes, afin qu’ils disposent des procédures adéquates. En effet, si l’administration dispose parfois de pouvoirs étendus, ceux-ci doivent toujours s’exercer dans le strict respect des droits de l’entreprise contrôlée. 

Concernant par exemple les opérations de visites et saisies, qui sont inopinées et souvent vécues comme assez stressantes par les entreprises, il est indispensable d’avoir les bons réflexes dès les premières minutes de la perquisition. 

 

Les bons réflexes

  • Lire attentivement l’ordonnance du juge autorisant la perquisition pour comprendre l’objet et vérifier le champ de l’enquête,
  • Ne pas s’opposer au contrôle et ne pas briser les scellés,
  • Maîtriser les auditions et les réponses aux questions posées,
  • Bien relire les procès-verbaux et inventaires, et exiger le respect du secret des correspondances avocat-client,
  • Maîtriser sa communication interne et externe pendant et après le contrôle.
  • Demander conseil ou assistance à son avocat, qui pourra le cas échéant se rendre sur place pour veiller à la sauvegarde des droits de l’entreprise. Et, en cas de violation des droits de l’entreprise dans le cadre du contrôle ou à son issue, des recours devant les juridictions sont toujours possibles.

La stratégie gagnante

La meilleure réponse à la question de l’anticipation réside avant tout dans la mise en place d’une politique de formation et de compliance solide et efficace. 

Il est notamment essentiel de réaliser une cartographie des risques afin d’identifier les zones sensibles et de renforcer la documentation interne pour permettre de tracer la conformité des procédures et de conserver les éléments de preuve en cas de contrôle. 

Par exemple, en matière de respect des délais de paiement, il est important de conserver les preuves d’éventuels litiges permettant d’expliquer des retards de paiement en cas de contrôle. 

La mise en place de procédures claires et une solide formation des équipes au respect du droit de la concurrence et de la consommation, permettront ainsi à l’entreprise de réduire ses risques en cas de contrôle, d’améliorer sa réputation et de gagner en efficacité opérationnelle.